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Désormais connus sous l’appellation Orly 1, 2, 3 et Orly 4, les terminaux de l’aéroport d’Orly ont connu une histoire riche et parfois mouvementée. Ector vous raconte la genèse des terminaux du 2ème plus grand aéroport de France, après Roissy-Charles de Gaulle.

Les origines de l’aéroport d’Orly

En 1910, sur le plateau de Longboyau, le Ministère de la Guerre vient de réquisitionner 11 hectares au sud de Paris où naitra des années plus tard l’aéroport d’Orly. Après la guerre, la Marine puis l’Armée de terre exploitent cet aérodrome militaire. En 1926, on construit juste au nord un aéroport civil et une école de pilotage.

Malgré les bombardements allemands, l’expansion se poursuit durant la seconde guerre mondiale, avec la mise en service de la première grande piste nord-sud. Entre 1946 et 1948, alors qu’on reconstruit l’aéroport du Bourget, s’ouvre à Orly le premier terminal provisoire de Paris-Orly et la piste 3, longue de 2100 m : l’investissement est colossal, un milliard de francs. Ce terminal provisoire s’appellera Orly Nord. Il sera détruit des années plus tard pour donner Orly Sud et orly Ouest.

En 1952, c’est la consécration pour l’aéroport d’Orly : Air France quitte Le Bourget pour ce nouvel aéroport. Paris-Orly reçoit alors 1,2 millions de passagers, le double du Bourget. Construit entre 1957 et 1960, l’aérogare Orly Sud inaugurée en 1961, est une révolution architecturale et technologique pour l’époque. On dévie même la RN 7 vers l’Ouest pour la faire passer sous Orly-Sud et assurer une desserte plus rapide depuis Paris. Avec le boom économique des 30 Glorieuses, l’aéroport décolle.

L’âge d’or, de Orly Sud à Orly Ouest

Dès lors, Orly est dans le cœur des Français : l’aéroport d’Orly accueille des millions de personnes par an, mais tous ne viennent pas y prendre l’avion. Le dimanche notamment, on y vient en famille, admirer sur les terrasses ouvertes les avions qui décollent : jusqu’à 4 millions de visiteurs en 1966. En 1959, Air France baptise symboliquement sa première Caravelle à Paris-Orly. Mais Orly est victime de son succès : l’urbanisation se développe autour de l’aéroport, les habitants gênés par les nuisances sonores interdisent les vols de nuit, l’extension s’avère compliquée.

En octobre 67, les travaux de construction de Paris-Orly Ouest commencent… mais un an plus tard ont commencé les travaux du terminal 1 de Paris-Charles de Gaulle. L’aéroport de Roissy, situé au Nord de la capitale, est plus éloigné et dans une zone bien moins urbanisée : il est donc plus prometteur en termes de croissance et d’extension. Il faut faire vite : en 1969, Orly Sud dépasse les 9 millions de passagers, dépassant de 50% ses capacités théoriques. En 1971, Orly Sud est provisoirement sauvé avec l’ouverture du terminal Orly Ouest après 40 mois de travaux.

Le renouveau, de Orly Sud à Orly 4

Bientôt concurrencés par l’aéroport de Roissy, Orly Sud et Orly Ouest se recentrent sur les liaisons nationales et quelques liaisons internationales. Au fil des années, l’activité reste forte mais les terminaux souffrent d’une certaine vétusté qui handicape leur productivité comparée à Roissy ou d’autres aéroports plus modernes. Pour accroître l’offre aéroportuaire et l’offre commerciale, tout en facilitant la circulation des voyageurs, nait l’idée de joindre Orly Ouest et Orly Sud en un seul bâtiment. Initiée en 2012, la transformation s’accélère en 2016 : les deux terminaux sont rénovés et mis aux standards internationaux, tandis qu’un nouveau terminal de 80 000 m² est construit pour faire la jonction entre ces derniers.

Le 19 mars 2019, Orly Ouest et Orly Sud disparaissent. L’ancien terminal Orly Ouest rénové devient Orly 1 et Orly 2. Le nouveau hall de jonction prend le nom de Orly 3. Et l’ancien Orly Sud rénové devient Orly 4. Ainsi nait le nouvel aéroport de Paris Orly. Mais les travaux ne s’arrêtent pas là et une future gare souterraine reliera Orly au Grand Paris : la ligne 14 devrait fonctionner en 2024, pour les JO de Paris 2024. Quant à la ligne 18, elle devrait fonctionner en 2027 pour la direction CEA Saint-Aubin et en 2030 pour la direction Versailles Chantiers.