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Un chiffre d’affaires de 3,6 milliards d’euros en 2017, une rentabilité qui n’est plus à prouver, des actionnaires heureux (dont l’État qui détient 50,6% du capital)… et pourtant l’exécutif semble plus que disposé à se séparer d’ADP. À défaut de vous dévoiler tous les dessous d’une affaire qui divise les syndicats, Ector vous donne quelques éléments de réponse.

ADP en quelques chiffres

Derrière les trois lettres ADP, c’est 25 aéroports, 4 478 M€ de Chiffre d’Affaires en 2018, 281 millions de passagers en 2018 et la gestion de trois aéroports français Roissy-Charles-de-Gaulle, Orly, et le Bourget appartiennent au groupe ADP, mais au-delà les activités du Groupe ADP sont les suivantes : activités aéronautiques, commerce et service, immobilier, internationale et développement aéroportuaire, cargo, informatique et télécoms.

Roissy Charles de Gaulle a vu son nombre de passagers en 2018 augmenter de 5,4 % avec 72,2 millions de passagers, ce qui le place comme le deuxième aéroport européen et le dixième mondial. Avec ses 8 différents terminaux, l’aéroport Roissy Charles de Gaulle offre des places de parking pour tous, personnes à mobilité réduite, et aussi des bornes électriques pour les voitures électriques.

L’aéroport d’Orly a quant à lui accueilli plus 33 millions de passagers pour la même année. Ses possibilités de parking sont également flexibles et adaptées à tous. L’aéroport de Paris-Le Bourget est le premier aérodrome d’affaires européen comptant quarante-cinq sociétés d’aviation privées et mais aussi d’affaires qui y opèrent. Le gouvernement français utilise aussi l’aéroport du Bourget pour l’accueil diplomatique international.

Aéroports de Paris : un peu d’histoire

En 1945, quand les aéroports sont créés, l’Etat possède à 100% les aéroports de Paris, et ce n’est que plus de soixante années plus tard que les privatisations commencent avec une entrée en bourse en 2006, après sa transformation en Société Anonyme en 2005. Cela signifie que l’Etat, en privatisation, vend ses parts à des sociétés privées françaises ou étrangères ; en l’occurrence, aujourd’hui après avoir été actionnaire majoritaire aux deux tiers, l’Etat détient tout juste la majorité avec 50,6 % du capital, le reste ayant été cédé à diverses institutions pour 22,3%, Vinci 8%, le Royal Shiphol Group 8 % , Crédit Agricole 5,1 % , et autres actionnaires individuels ou salariés. ADP c’est surtout d’un point de vue financier la deuxième valeur boursière du CAC 40, avec 12 % du portefeuille boursier des participations de l’Etat.

Vendre dans quel but ?

L’objectif de l’Etat dans la cession ADP est d’obtenir 10 milliards dans le cadre de l’objectif de la loi Pacte, votée en avril 2019 par l’Assemblée nationale pour favoriser l’innovation en exerçant un levier financier véritable levier financier à travers le placement boursier de ces 10 milliards en obligations, produisant des 250 millions dividendes. Les opposés à la privatisation parlent de scandale en dénonçant une « erreur stratégique », en mettant en avant les risques relatifs aux manquements potentiels du respect du cahier des charges. Pour d’autres, cette privatisation est une spoliation du bien public. Une chose est sûre : la privatisation fait peur. La mise en application de la loi Pacte confirmera ou infirmera ces doutes.