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S’il est bien une saga mythique à laquelle on peut associer une voiture tout aussi culte, c’est l’Aston de James Bond. Au fil des missions, des ennemis, et des James Bond Girls, l’agent 007 est resté presque toujours fidèle à la marque anglaise haut-de-gamme.

Alors, qu’en pensez-vous, coup de foudre ou stratégie marketing ? Mariage d’amour ou de raison ? Leur idylle, qui dure depuis 50 ans, est pourtant plus tumultueuse qu’elle n’y parait…

La « voiture » qui m’aimait 

L’Aston Martin n’était pas le genre de fille de James Bond dans ses premières missions de la saga. L’agent avait craqué pour une Bentley Mark IV. Mais, c’était sans compter M, qui force la rupture dans Goldfinger. Elle lui impose une toute autre maitresse : l’Aston Martin DB5. Entre « elle » et lui, en 1964, c’est le coup de foudre.

Aston Martin DB5 James Bond

Bond : « Où est ma Bentley ?

Q : Elle a fait son temps, j’en ai bien peur…

Bond : Elle ne m’a jamais lâché !

Q : C’est M qui l’ordonne, 007. On vous octroie cette Aston Martin DB5 modifiée ».

Il faut une sacrée trempe pour dompter la belle cylindrée de 283 chevaux, qui a plus d’un tour sous la culasse. Elle peut se targuer d’être la première voiture bondienne dotée de plusieurs gadgets : plaque d’immatriculation transformable, siège éjectable, tailladeur de pneus, mitraillette avant… Et j’en passe ! Pendant plus de 50 ans, de Sean Connery à Daniel Craig en passant par Roger Moore, Pierce Brosnan et bien d’autres, d’élégantes Aston partageront près de 11 aventures avec le célèbre espion.

A chaque Bond, son Aston girl

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Revenons-en à la genèse de cette rencontre. Si vous avez lu les romans, vous avez sans doute remarqué qu’Ian Flemming accordait déjà à son personnage de papier une Aston Martin DB3.

Cependant, lorsque Goldfinger sort sur les écrans, Sean Connery est upgradé ! Il monte au volant de la dernière-née de la marque : l’Aston Martin DB5, qui n’existe qu’en 1021 exemplaires dans le monde. Au fil des aventures, les James Bond auront souvent un modèle d’Aston spécifiquement attribués, qui deviennent quasi aussi iconiques que les acteurs.

Plus tard, Roger Moore, durant ses nombreuses missions, s’éprend de l’Aston Martin Lotus Esprit, pour partager ses périples. Pierce Brosnan dans les années 90, sera la seul à pouvoir en « tester » deux. Il conduit la fameuse DB5 des débuts de la saga, avant d’avoir « sa » V12 Vanquish (mon modèle préféré !).

Et, pour le passage de James Bond dans le deuxième millénaire, l’Aston est quasiment une co-star des films ! Dans Spectre, le dernier épisode sorti de la saga à l’écran, l’Aston DB10 (créée spécialement pour le film) a même un vrai rôle d’actrice, puisqu’elle s’embarque dans une course poursuite de nuit contre la Jaguar C-X75 de l’ennemi. Les deux belles voitures britanniques ont fait trembler les rues de Rome ! Vivement que l’Aston soit oscarisée.

« Power, Beauty, Soul »… and Money ?

La devise d’Aston Martin a autant d’allure que l’agent secret en smoking. Mais, derrière le couple phare de Bond et de son Aston, se cache un mariage qui a un prix pharaonique !

Les 50 ans de vie commune de 007 et de sa poupée de métal n’auront connu qu’une seule infidélité. Lors de la 17e aventure de l’agent dans GoldenEye en 1995, James Bond conduit une BMW.

En grand fan déçu, j’ai mené mon enquête. La raison était une histoire de gros billets. La société de production MGM, en difficultés financières à ce moment-là, n’a pas pu refuser les 75 millions de dollars qu’offrait le constructeur allemand pour apparaitre dans trois films de la saga.

C’est 15 ans plus tard, en 2002, pour la 20e mission de l’agent, que l’Aston Martin et James Bond sont à nouveau réunis, dans Meurs un autre jour. La réconciliation des amants terribles coûte environ 35 millions de dollars à l’historique firme anglaise.

Le tandem Bond/Aston semble reparti pour durer sans heurt pendant les années à venir. Le succès permet surtout à la marque de capitaliser sur son image.

Et dire que nous devons encore attendre la fin de l’année 2019 pour voir quelle Aston, Bond embarquera dans sa prochaine mission ! J’espère que s’il passe par Paris, Bond me confiera son bolide au dépose-minute avant de partir flirter avec l’ennemi.

 

Ector